Ma Page  

  Poésie  

  Résurrection  

  Club Poésie  

  Orgues d'Alfortville  

  Liens  

 

Thierry Metz

 

Biographie Textes Bibliographie

 

Tu sais que toujours

un parmi nous
s'absente
pour habiter sa clarté
sa langue
poète ou manouvre
convives d'un mot
illuminé

Biographie

Thierry Metz a décidé de quitter ce monde le 16 avril 1997, épuisé de ne pouvoir résister aux cauchemars qui l'accablaient depuis un drame familial survenu en 1988.

Né le 10 juin 1956 à Paris, il s'installe à 21 ans avec sa femme Françoise dans une maison, près d'Agen, le long de la Nationale 113. Il exerce des travaux de manoeuvre de chantier au gré des saisons pour gagner sa vie.

C'est le soir et entre ces périodes de chantier qu'il se livre à l'écriture. Autre chantier que celui des mots avec lesquels il construit un univers lumineux de simplicité et de justesse.

  C'est auprès de Jean et Odile Cussat-Blanc qu'il trouvera un premier accueil dans les pages de Résurrection. Il sera ensuite reconnu plus avant dans le monde de la poésie et des éditeurs (voir bibliographie). Il obtiendra le prix Voronca en 1988 et publiera plusieurs recueils et volumes dont Le Journal d'un manouvre qui connut les échos les plus favorables. Anne-Sophie Migné lui a consacré des pages dans sa thèse de lettres modernes Résurrection, 1941-1992

Un hommage lui est égalment rendu sur le site de littérature contemporaine remue.net

Avec lui disparaît une voix de la poésie qui n'aurait cessé de grandir et reste déjà irremplaçable.

 

Textes

La demeure phréatique

(In Résu 32, extraits)

XV

Mon amour, ma fruitière
L'arbre est le destin du veilleur
Et son convive.
Homme conjoint
Ses branches sont maîtresses de nos sources
.

*

L'arbre
Véhémence de l'épi et du roseau.

XVI

Sur une terre démâtée
Tu mènes l'orage
Caillouteuse
Tu fécondes l'outil et sa jeune mère
Saison de la Dévêtue.
Bleu naissant qui devance le monde.

XVII

Nuages et vents
L'obstacle est source.
Et geyser
O surgissante en ces villages de sel
L'ICI n'a pas de fond.

XVIII

Ouvrir la demeure phréatique
Être là
Dans les eaux qui méditent une cascade
Rien n'est plus frais.

XIX

Bleu alluvial.
Rivière où boit notre gibier.
Rivière d'où il s'élance.
Résurgence de l'astre
Et de l'oiseau.

XX

Des nappes fertiles du poème
Aux phrases extrêmes du glacier
Artésienne
Fille du cyprès
Tu émerveilles notre soif.

XXI

Dans l'ombre cassante
Loin du pays ressassé
Une aile te réfracte
Cyprès
Démon fulgurant du poème.

 

 

Thierry Metz  télécharger l'article

" C'était pourtant une journée comme les autres. Un beau jour d'automne aquitain. Mais il se révéla unique, par la jeune, la plus inattendue - et qui est devenue la plus précieuse découverte d'une vieille vie.", rappelle Jean Cussat-Blanc dans ce numéro 34, consacré au jeune poète Thierry Metz. Celui-ci, manouvre en bâtiment et autodidacte, s'est signalé pour la première fois à la revue en 1978 (n'7), avec un poème intitulé Le sommeil des apôtres. Il a alors vingt deux ans. Ce poème, très différent de ceux qui vont suivre, exprime avant tout une rage de l'expression, vive, acérée, criarde : "  Je répliquerai... tôle coriace... planche dépiautée... castrés critiques [...] ", et qui trouve son apaisement dans l'évocation de la femme: "  Françoise / Fixe océanique de mon amour ! "

Vivace et reposante, cruelle et tendre (dira Jean Cussat-Blanc), telle est l'ambivalence de l'expression poétique de Thierry Metz. Mais ce jeune poète est appelé naturellement à évoluer et surtout à, affûter son expression, notamment après la publication de son roman LE GRAINETIER.

Le grainetier ou le parcours symbolique

LE GRAINETIER1, roman en neuf chapitres a été publié dans les numéros 12, 13-14, 15, 16-17, et 18 de la. revue. Ce roman qui se comprend plutôt comme une nouvelle ou un conte parcouru de symboles, nourrit l'approche du nom, recouvre une écriture du poème, écriture ontologique, puisque le poète, ou du moins celui qui dit "  je " s'écrie : "  En toi !le grainetier], je suis celui qui va être dit " (p. 6) et "  Tu es poème, quelque chose d'infatigable, de robuste, un appui toujours en sève, un arbre I...] Je suis l'homme que tu fais quand tu m'écris, quand se bouclent nos deux ombres. " Le poème est ainsi l'être continu du poète, son identité.

Aussi LE GRAINETIER formule-t-il une double quête, celle du poème et celle du poète. Il est un parcours où chaque mot et chaque objet émergent comme signe ou symbole. Dès lors il s'agit ni plus ni moins que de définir le rapport du poète au monde2. Dans cette voie : "  chaque mot était une nature, une place féconde où ma bouche mûrissait " (p. 7). Mais celui qui dit "  je " et cherche à se réaliser par et dans le poème, est avant tout l'initié du grainetier, qu'il suit dans ses fécondations. Car tout est traité en termes de germination, de fécondation, d'accouplement et finalement d'enfantement, à l'image de la germination de la graine qui devient fleur puis fruit, étape pubertaire vers une communion avec le monde et avec l'homme.

En définitive, Le grainetier prépare la voie, à travers le poème au Corps Uni des hommes, à une "  humanité saisie dans son adolescence " qui est "  dévoilement de l'amour. " (p. 60).

Mais procédons par étapes, ainsi que l'enseigne le grainetier. Comme le souligne également Jean Cussat-Blanc à propos des poèmes de Thierry Metz, on peut noter que "  de surprenantes correspondances appellent le jeu surréaliste à présenter un nouveau monde de création ". LE GRAINETIER emprunte aux symboles sa signification : ainsi de l'abeille qui féconde l'oiseau et contient le principe d'une éternelle résurrection des mots, elle est le symbole de la résurrection et l'emblème de la poésie, nous dit Jean Chevalier3, tandis que l'oiseau marque son envol. C'est pourquoi, de même, chaque rite de fécondation poursuit l'élaboration d'un poème. Et c'est le grainetier qui est maître d'ouvre; il est l'oil du livre à venir, cet oeil qui est symbole de transcendance. Le grainetier apparaît dès lors comme une abstraction; sa mort, qui est condition de résurrection pour l'autre, l'initié (il deviendra le nouveau grainetier), plus qu'une passation de pouvoir, est l'expression d'une divinisation. Une autre scène rappelle que l'union du grainetier à la graine du poème est sacramentelle: "  Enfin la pâte gémit, la pierre cria puis s'ouvrit: une graine noire venait au monde. " (p. 37). C'est alors que le grainetier s'accouple à la graine (acte d'amour qui a aussi sa portée dans l'ouvre) et s'écrie : "  Tu as vu, toute cette terre échangée avec mon corps, d'un seul geste ! Mort et fécondité mêlées puis commuées en ce sacrement que je t'offre: l'abeille de l'acte. " (p. 37)

LE GRAINETIER est riche, trop riche en symboles et en signification latente pour en élucider toutes les parties. Il nous mène en définitive vers une vision primordiale sous le symbole de "  l'oeil originel " (p. 44), sorte d'ouf alchimique qui, tels le yin et le yang, revalorise le principe mâle et le principe femelle, appelle en dernier lieu à une rédemption de l'homme. Le dernier chapitre en apporte la confirmation, en même temps que le message et l'acte définitif du poète. C'est vers la ville de la "  Procession des langages ", nouvelle tour de Babel, que le jeune grainetier se dirige "  non plus graine mais plante, porteur de pollen ", avec son bagage "  bourré de poèmes "; il s'unit par le baiser à l'humanité, au Corps des hommes : "  toi le poète et grainetier, en souci d'une terre immobile mais mouvante comme cette ville, tu émanes, tu procèdes de ces voyages qui t'ont uni, pareil au Paraclet, avec l'essence de l'homme ". Cp. 57) La procession des langages devient procession poétique, par un acte de connaissance et d'amour, condition, nous dira Jean Cussat-Blanc, du Corps des hommes unis.

Ce grainetier ne constitue-t-il pas une sorte d'essai poétique où l'auteur délivre les grandes lignes de son oeuvre ? La suite nous permettra en effet d'observer que de nombreux termes et figures du grainetier se trouvent disséminés dans toute l'ouvre du poète, cette errance. C'est pourquoi nous avons insisté longuement sur ce premier ouvrage.

Thierry Metz, poète de l'errance

Ce que Le grainetier formule en abondance, les poèmes en donnent la, forme la, plus elliptique, tout en en conservant la profusion intérieure. C'est pourquoi toujours selon Jean Cussat-Blanc :  "  La poésie de Thierry Metz courte et musclée outrepasse la poésie de fragment ; pénétrée de symboles sa proposition est entière "

En effet, loin de se clore sur des fragments d'images, les poèmes de Thierry Metz s'interpellent, se conjuguent pour une longue marche vers on ne sait quel lieu. C'est aussi la raison pour laquelle les différents personnages qui habitent l'ouvre se nomment le marcheur (dans LA CONSTELLATION DU MARCHEUR, n°33), le migrateur (id.), le guide (le mangeur de feu, dans DANS L'AILLEURS DE LA TERRE, n°34), l'éclaireur (Sa clarté fracture le livre, DANS L'AILLEURS DE LA TERRE) ou "  l'éclaireur extrême " qu'est ce Jonas de Dans l'ici de l'homme (DANS L'AILLEURS DE LA TERRE), le nomade (n°38)... D'autre part la poésie de notre auteur s'imprime dans une mouvance continuelle, ce que traduisent les nombreux termes de mouvement et d'action. Ainsi dans un des quatorze poèmes (les poèmes de Thierry Metz sont souvent sans titre) publiés dans le numéro 21, on trouve cette image d'un cercle, d'une rotation autour du poème :

"  Espace

Désert

Lente rotation de l'heure [...]

O cercles d'images où tourbillonne

            l'Oiseau - silex [...] " (p. 48)

et ce caractère incisif des termes et des images que l'on a déjà avec l' "  Oiseau - silex " :

"  Parois d'un feu extrême

Gisement à même le souffle

Le poème explore la roche

L'érosion du sens à midi "

Avec DANS L'AILLEURS DE LA TERRE, les poèmes se placent également sous le signe du feu et de la pierre, nourrissant l'ascèse du marcheur. Les sous titres, révélateurs à eux seuls, sont : Les convives du feu, L'érosion éclairante, Sa clarté fracture le livre, Calcaire. Seul le dernier traduit une autre dimension : Dans l'ici d'un homme. Ainsi le poète, qu'il soit le mangeur de feu, l'homme écarlate puis le mangeur de pain, Jonas, un et multiple, affûte ses armes ; il est l'élagueur par qui toutes choses se peaufinent au gré du poème, car "  essentielles / ardentes " sont ses traversées. L'important c'est d' "  Être celui qui ne reste pas./  mais [bâtit] où la fourche est plantée " (p. 23). Et c'est avec Sa clarté fracture le livre, ensemble de vingt-deux fragments dédié à sa femme, que le poète trouve un premier port d'attache où plutôt un lien entre "  l'ici rouge du poème " et "  !'ailleurs déflagrant de la terre. " :

"  Homme propulsé par l'orale

Et toujours il sait où trouver l'amoureuse

Qu'elle soit dans l'ici rouge du poème

Ou dans l'ailleurs déflagrant de la terre.

Et toujours le visage habite la demeure.

La demeure bâtie où rien tic peut demeurer. " (p. 30)

Et toujours on perçoit ce mouvement vital du poète au poème car " Marcher inspire un chemin " (p. 30), et le poète semble ainsi se définir :

Homme sous le feuillage tutoyé :

contour qui n'enferme pas.

Ce qu'il désigne est toujours en mouvement

                        en éclat." (p. 45)

Alors on en vient à ce qui fait l'essentiel de la poésie de Thierry Metz, l'accomplissement de son être. Seulement chez Thierry Metz, " je " est absent. Dans la dernière partie, Dans l'ici d'un homme, on assiste à la rencontre de deux hommes, Jonas et le marcheur, point de rencontre, émergence d'un repas (tout le recueil converge vers ce repas, depuis Les convives du feu). Car cette dernière partie de l'ouvre échafaude une union. Dans l' ici d'un homme s'ouvre sur un dialogue où sont dévoilées les multiples facettes de Jonas : bâtisseur, équilibriste, sourcier ; autant dire les multiples traversées du poète. Mais à présent il s'agit de concilier toutes les parties :

" où est-il le frère alchimique

homme du premier

du dernier repas

rieur à la voix écarlate [...] "

Car en définitive, il faut naître à soi, saisir l'insaisissable, trouver la demeure, dira également Thierry Metz. Mais là où Maurice Blanchot comme Jonas une première fois dirait : " le monde a lieu hors de nous ", le marcheur répondrait : " Il n'a lieu que là où tu es, dans une rencontre. ", nourrissant ainsi l'approche du poème d'une perception du monde, d'une co-naissance.

C'est pourquoi, de même, la poésie de Thierry Metz se forge par antithèses, vie et mort, cruauté et tendresse, alliance des contraires qui renvoie au principe alchimique du poème, ce lieu également des métamorphoses :

" Au centre du crâne

comme un bulbe de fleur

l'oil du maçon contemple une larve blanche

ovule de la demeure.

Et là, dans l'essaim minéral

loin des herbes

le squelette fait sa récolte

et devient coquillage. "

Enfin nous conclurons sur une appréciation de Jean Grosjean par Robert Sabatier. Pourquoi ? Parce que le Jonas de Thierry Metz est dédié à cet auteur et ce n'est pas sans intérêt4; car d'après Robert Sabatier: " Le monde, pour Jean Grosjean, est signe, et cela par les saisons, les êtres, les plantes, toute la création. Ne se jouant pas la comédie, ni prophète, ni mage à majuscule, ni grand initié, Grosjean est simplement un guide qui cherche en nous guidant, qui nous cherche en se cherchant [...]. "5

Entre l'eau et la feuille

ENTRE L'EAU ET LA FEUILLE6 est le titre du dernier recueil dont Résurrection publie les 1ère et 2ème parties, dans ses numéros 47 et 49. L'écriture y est beaucoup plus resserrée, elliptique, moins chargée de symboles. Elle est donc l'expression la plus brève de l'auteur, qui ainsi poursuit son évolution vers toujours plus de concision. ENTRE L'EAU ET LA FEUILLE traduit là encore un cheminement du poète au poème, et du même coup ses échecs et ses réussites (ou sa réussite), difficulté d'une approche tout d'abord, que concrétisent les trois points de suspension du poème suivant :

" Des étages difficiles

des pas.

J'entends celui qui monte

avec une voix d'entant

mélange d'oiseaux

et de terre.

...

Il monte avec du pain

sans trouver la porte: "

Et toujours il y a :

" Une voix quelconque

venant s'intercaler

entre l'eau

et la feuille: "

dévoilant un " Lieu jamais clos / d'écrire ", et qui marque l'irréductibilité de l'écriture. Sans cesse le poème est à reprendre, jusqu'à ce que le poète donne au mot son adéquation à la chose., le rende vivant :

" Tu ne sais pas

parlant de l'objet

tasse

ou encrier

de l'objet aujourd'hui

indescriptible

que tu le forces à tomber

hors du livre

à se renverser

alors il perd son nom

et se souvient. "

Ainsi l'écriture apparaît-elle comme une quête intérieure d'où l'objet émerge de lui-même. Est-ce là la réussite du poème ? Maurice Blanchot écrit : " Une oeuvre est achevée, non quand elle l'est, mais quand celui qui du dedans y travaille peut aussi bien la terminer du dehors, n'est plus retenu intérieurement par l'ouvre, y est retenu par une part de lui-même dont il se sent libre, dont l'ouvre a contribué à le rendre libre " :

" Du poème

au lieu

-----------------------

cela en face

aujourd'hui

une parole l'étreint. "

Ces vers montrent que : " - l'habitant -/ a préféré la fenêtre à 1a demeure ".

Du GRAINETIER à ENTRE L'EAU ET LA FEUILLE, le cheminement à travers l'écriture est explicite, cependant que l'expression elle-même s'achemine vers toujours plus de concision. La poésie de Thierry Metz enquête à la fois pour elle-même et pour l'autre. Cette ambivalence, difficile à percer, fait toute la complexité de cette poésie, à la recherche de l'obscur. Elle nous rappelle LE DIEU SECRET de Lydia Claude-Hartman tout en préfigurant l'ange de Jeanne-Yvette Sudour, cette poésie des profondeurs qui s'offre comme éclat.

Thierry Metz a été goûté et reconnu par les lecteurs7, jusqu'à cette publication du JOURNAL D'UN MANOEUVRE chez Gallimard (coll. L'Arpenteur 1989). Et Résurrection ne peut être que fière de cette promotion.

Anne Sophie Migné in Résurrection, 1941-1992, pages 181 à 191

1 Les numéros de page renvoient à une publication de l'ensemble du Grainetier par la revue (hors-texte)

2 Dans un texte où est finalisé le rapport entre poésie et philosophie, d'après un livre de lostas Ayelos (les problèmes de l'enjeu, 1979) sur l'enjeu (rapport de l'être au monde), Thierry Metz s'exprime ainsi : " Mon désir est de faire évader ce qu'en tant qu'exécutant de la partition je lis dans le ponde. " Cf. n'18

3 Cf. Dictionnaire des symboles, éd. Robert Laffont 1982, article " abeille "

4 Jean Grosjean a édité un recueil sous le titre de Jonas

5 Robert Sabatier, Histoire de la poésie française du XXe siècle, tome 3

6 éd. Arfuyen, 1991

7 Le 23 mai 1988, Thierry Metz a reçu le prit Voronca pour Sur la table inventée (éd. Brémond). Il a eu droit, pour le Journal d'un manouvre (éd. Gallimard, coll. L'Arpenteur) à plus de quarante articles dans la presse et à cinq séances de radio et de télévision dont " Ex-Libris. "

 

 

Bibliographie

Sur la table inventée (Jacques Brémond, prix Voronca 1989)

Dolmen, La demeure phréatique (Cahiers Froissard, prix Froissard 1989)

Le Journal d'un manoeuvre (Gallimard, l'Arpenteur, 1990)

Entre l'eau et la feuille (Arfuyen, 1991)

Lettres à la Bien Aimée (Gallimard, l'Arpenteur, 1995)

Dans les branches (Opales, 1995)

Le drap déplié (L'Arrière Pays, 1995)

De l'un à l'autre (Jacques Brémond, 1996)

L'Homme qui penche (Opales, 1997)

Terre (Opales / Pleine Page, 1997)

Dialogue avec Suso (Opales / Pleine Page, 1999)

Sur un poème de Paul Celan (Jacques Brémond, 1999)