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Jean Cussat-Blanc

vivre en poésie


Biographie Textes Bibliographie


Biographie

Jean Cussat-Blanc est né en 1913 à Guéret (Creuse), d'un père instituteur libre, organiste et compositeur, et d'une mère catholique et traditionaliste. Il passe son enfance à Riom (Puy de Dôme) auprès d'une grand-mère qu'il vénérera. En 1925 (son père étant depuis 1924 directeur de l'école libre de Monfort-du-Gers), il entre au Collège Salinis puis au petit séminaire d'Auch, qui lui est jumelé. En 1930 il passe au grand séminaire, qu'il quitte pour un an d'études de Mathématiques Générales à l'Institut Catholique de Toulouse. Ordonné prêtre en 1938, il est nommé professeur au Collège Saint-Taurin d'Eauze. L'expérience de la communauté, et de la vie sacerdotale telles qu'il les découvre, et des relations conflictuelles avec son archevêque, - qui lui dénie le droit d'écrire dans la presse et les revues, et d'éditer - , lui donnent à comprendre qu'il a commis une erreur en entrant dans le clergé. En 1939, il est mobilisé en Tunisie et va rejoindre avec son régiment les zouaves du Camps Servière en tant qu'infirmier-aumônier. C'est en 1941, après avoir repris son poste de professeur au collège de Saint Taurin, mais aussi ses relations à l'Institut catholique de Toulouse, qu'il décide de fonder une revue de poésie qu'il nomme Résurrection dans une double perspective, de foi en une poésie d'un art chrétien et de confrontation à la guerre. La réprobation de l'archevêque d'Auch demeure et s'étend bientôt aux activités de résistance de Jean Cussat- Blanc. La rencontre d'Odile Lacave le déterminera à demander sa réduction à l'état laïc, que grâce à, des amis religieux et à l'évêque des Forces armées d'occupation, il obtiendra.

L'expérience poétique de Jean Cussat-Blanc est antérieure à ces événements ; en effet celui-ci avait déjà édité deux petits recueils, Jeune Offrande (1938) et Démences (1940), et collaboré à diverses revues sous le pseudonyme de Jean de Samblac, alliant cette particule de noblesse au projet d'une chevalerie de poésie. C'est ainsi qu'il participe notamment aux Cahiers de Corymbe dirigés par Mme D'Hue Dressler, à l'Effort Clartéiste d'Albert de Teneuille, à Mâtines qui regroupe des "témoignages catholiques de poésie et d'art" et fut fondée en 1936 par le Père François Ducaud-Bourget. Ces trois revues sont de facture traditionaliste. Il publie également quelques articles dans La Croix. (Anne Sophie Migné, Résurrection 1941-1992)

Jean Cussat-Blanc après avoir mené jusqu'au bout sa passion pour la poésie et son travail de passeur avec Résurrection, est décédée le 31 décembre 2007 à l'âge de 94 ans.

 


Textes

L'artiste c'est toi

Oui l'artiste c'est toi Tes mains musiciennes ont parcouru

mon corps Dans leurs désirs il s'est moulé Comme un

airain docile il a fondu dans leur étreinte chaude.

 

Et de ses résonances tout mon être a vibré

 

Tes lèvres ont bourdonné mon chant De tes bras monta le

rythme dont je l'enveloppai Ton corps flexible à mon

corps accordé d'un mauvais danseur délivra le poète Et

sons et gestes dégagés mes mots ont construit pour toi

unique sur ce temps le ballet-poème du pur amour

 

Amour mon unique amour fleuri de tant d'amours que tu

m'auras donnés ma mère en elle forma son enfant de toi

est né l'homme et le poète que je suis

in Vasque

À la découverte de Teizo Ogaki

J'ai découvert Teizo Ogaki, il y a dix-sept ans. Tout de suite je me suis attaché à cet art, à cet artiste qui faisait d'une rare maîtrise technique, l'instrument d'une recherche passionnée de l'homme.

Alors le jeune artiste japonais commençait dans la vie familiale retrouvée et l'environnement aquitain, ce que j'appellerai la grande mutation d'Ogaki. Nous en découvrons ici le cheminement, garant de l'originalité et de la grandeur de l'oeuvre.

La période des hommes ailés, en rêve de briser le cadre d'une vie étroite, s'achève. L'homme qui a perdu ses ailes aussi bien que ses masques, disparaît pour ne plus se révéler qu'à travers la nature interpellée. Mais par quelle présence !

Immense, une terre envahit la surface de l'ouvre : strates ou ces labours que borde, mais si haut que leurs cimes sont tranchées, une rangée d'arbres. mais ce peut être aussi un ciel envahissant que perce et dévoile une lune ou un astre. Et terre ou ciel, les traverse ou délivre un vol d'oiseaux. deux, quatre ou cette multi-tude qui s'oriente et s'ordonne, et crée sous la main du magicien, la libération de l'espace. à tous les mo-ments de l'ouvre de Teizo Ogaki, l'oiseau est le chant de la tensdresse et le témoin de la liberté. Mais le plus étonnant dans ces paysages, est que s'ils sont souvent le même, ils ne le sont jamais par la grâce d'une métamorphose des teintes.

La variété et la beauté des couleurs sont le permanent miracle des gravures d'Ogaki.

Et voici que la nature interpellée, répond. Ce sont des épousailles.

L'arbre monte HYMNE À LA JOIE. Arbre de vie, il soulève l'hosanna des branches, qui cependant tour-nent leur pointe vers le sol.

PRÈS DE LA SOURCE, à travers le tourment des pierres, cette eau se fraie, impose son chemin. Et son ruban bleu dépose une apaisante fraîcheur.

Mais dans une terre en mal de gésine, les racines de la SOUCHE serpentent et gagnent le profond, d'où montent les vigueurs qui s'épanouissent sous l'arbre mort en parterre de fleurs.

Et voici que, période nouvelle de l'artiste, apparaît la mer. Ici, en une limpide avance de cet immense flot cajolé de lumière sur l'étendue sablée. Mais soudain qu'une houle soulève sur l'étendue de la toile jusqu'à l'épaisse nue accueillant cette respiration qui la crée.

Ainsi du rêve journalier sur le paysage recrée pour nous révélation des jeux et des enjeux de l'existence ; de la racine à l'oiseau comme de la feuille au limaçon - à la méditation sur l'étendue profonde et créatrice - l'illimité des champs et des bois rejoignant celui du ciel et de la mer, TEIZO OGAKI - l'immense - pro-pose, provoque (je m'en suis aperçu lors de ses expositions) des évasions, des libérations, qui ne se soup-çonnaient pas. Cependant sur ces dernières années Teizo OGAKI a évolué des eaux-fortes et de l'aqua-teinte vers le dessin sur cire. Par des encres de teintes vierges, le voilà définissant le BONHEUR.

À quel eden aspirent-ils en cette étreinte sur fond de feuillage épais, - lui, ce corps qui interroge - elle, ferveur ailée qui le couronne, - auprès de l'arbre aux pommes rouges, qu'ils dominent ; et le chat à leurs pieds allongé dans une indifférence tranquille.

paru in Résu 85


Bibliographie

Jeune offrande (Cahiers du Touvère, 1938)

Démences (Feuillets de l'Ilôt, 1940)

Offert à Dieu (Didier, 1946)

La vie de Marie de Rainer Maria Rilke (Traduction, préface et notes - Typographie Boin, 1949)

Amours, recueil anonyme (L'amitié par le livre, 1955)

Offert aux hommes (L'amitié par le livre, 1963)

Avec les jours avec les hommes (Oswald, 1974)

Noël de la faim (Résurrection, 1979)

Ode aux Rosenberg (Résurrection)

Sur notre soir paisible (Résurrection, 1982)

Aux Christ de Rib (Atelier du 4ème jour, 1988)

Langage (Résurrection, 1989)

Symphonies (Résurrection, 1991)

Prométhée libéré (Résurrection, 1991)

Si vous saviez aimer. La fable de l'Enfant-Roi et de l'Enfant-Poète (Librairie bleue, 1992)

Vasque ou le poème d'un simple amour (La Bartavelle, 1995)

Instants d'ici et de l'ailleurs (La Bartavelle, 1999)