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Formes rondesLes hirondelles du monde
Grain de ta peau
Connaissez-vous Bram Van Velde ?
À GuillevicDiptyque pour Thierry Metz
Plume
Publication d'un recueil Le Poids des ailes en 2008 aux éditions Hélices Poésie
C’est dans un espace nu
d’ombres diffuses et de lumières
discrètesJ’avance vers le rond des formes
J’avance vers l’arrondi du monde
Vers un jour courbe et pleinRegard sur une plénitude
Pureté fragile
Au-delà de la main de l’hommeRegard sur un horizon sans limite
Au-delà des blessures
Au-delà des hommesTerre sereine
Vide de soi
comme on se lave* texte publié dans L'année poétique 2009, éditions Seghers
LES HIRONDELLES DU MONDEà Claude RoyQuelle écriture turbulente
Inscrivez-vous dans ce ciel malhabile ?
Et je ne sais
Quel secret vous avez
Quel fil invisible de votre aile à mon rêve
Quel cri évadé de la cage qui nous renvoie au ciel
Quel feu inépuisable qui trace la ligne de l'espace.
Où conduit votre vol ?
Êtes-vous la même à Piedicroce
À Planty ou dans la Chine de Tou Fou ?Je vous ai vues partir pour je ne sais quel lieu
Si vaste et unique de notre absence
Où réside votre liberté…Grain de ta peau
si douce si douce
Une attente un retour
Ta main ouverte sur mon épaule
Un silence
un murmure
une caresse
La rondeur de ton ventre contre le mien
Tes seins chauds et clairs
Le désir nourri par le désir
Notre amour dévoyé durera
Grain de ta peau
si douce si douceCONNAISSEZ-VOUS BRAM VAN VELDE ?
" Savoir écouter jusqu'au silence est
le privilège d'un être secret à qui
le recueillement ne fait jamais défaut. "Jean BeaufretRegard clair
Regard transparent
de silence
Heurté au monde dur de la déchirure
Et ce soleil blessant… Si beau pourtant
Attendre à l'échouage de vivre
Attendre ailleurs
À l'intérieur de la misère
Attendre l'intolérable
et parfois…
Une flamme, une eau vibrante… parfois !
La mer quand elle est là tout entière
Miroir de la solitude
Quand elle est là
et passe ses inconnus
passe ses portes
Pauvres voyeurs que nous sommesÀ Guillevic
Tout est venu de loin
La trame des pierres
et des hommes
s'est faite à la forge du temps
Aux écorches des corpset des motsPerce un long cheminement de l'histoire
L'édifice des existences rompues
des lentes usures nécessaires
a nourri notre survivance
Nous apprendrons encore beaucoupDiptyque pour Thierry Metz
Sera combléCelui pour qui l'espace
Ne sera pas dehors.
GuillevicLE MONSTRE QUI EST EN MOI
Le monstre qui est en moi
est le pire des monstres
Plus pesant que le silence
Plus bruyant que l'envie de vivreLe monstre qui est en moi
n'a pas de sommeil
Il a la face trouée de l'absence
Paroles d'épis devenues sèches
Paroles…
Le monstre qui est en moi
est le pire des monstres
Plus puissant que l'ombre des mots
Plus profond que le puits de ma vie
Et le silence est devenu blanc
Le silence est blancLe silence est blanc
Le silence est
Le silence
Le
ET L'AILE ÉVIDEMMENT…
Je ne sais à quelle hauteur
Nous serons réunisJe ne sais à quelle branche l'oiseau
chantera le monde à construireAlors j'écrirai sur l'arbre, sur les murs
je porterai les mots sur les chemins
hors des livres
hors des cercles fermés
je parlerai au jour
au mouvement
à l'espoir jusque dans l'illusion
je parlerai pour ne pas mourirEt nous aurons raison
et nos paroles seront nos paroles
simples graviers de l'évidenceEt le ciel redeviendra léger…
Plume
Les
anges descendent parfois sur terre
et leur chair a le goût salé de l’humour
Leur
main comme une aile
caresse un sein et lui donne la lumière
Leur
corps déshabillé flotte
dans l’illusion de l’espace
Quel
poids mesure le temps
de leur chemin léger ?
Quelle
peur à la fenêtre du monde
distord l’illusion de ce rêve ?
La
vie passe et ses coups de balai
Zigzag divaguant
Le
miroir de nos jours
s’y brise dans un rire grinçant
Chute
du jour
Tu roules dans la nuit
dévorante
Et je pèse mon poids d’homme